Posté le 13.06.2008 par lequabel
Et la spécialité de Tadou, ce sont... les baleines et les bélugas !
Photo Michel Pinault
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Posté le 13.06.2008 par lequabel
Lundi, 7 h, en route pour Mérignac. Avion pour le Québec. Changement à Paris. Go to Montréal. 7 h de vol, atterrissage à 15 heures locales. Francine m’accueille et m’héberge. Heureusement ! Soirée courte pour cause de sommeil, l’équivalent de 3 h du mat en France…
Le lendemain, 12 h, aéroport avec Michel (photographe) nous récupérons la voiture que le Festival de Tadoussac à loué pour nous, car oui, nous voici nommés « chauffeurs officiels du festival ». Notre mission : récupérer des journalistes français, le directeur d’Alors Chante de Montauban, plus Eric, le gagnant Longueur d’Ondes, et les mener à Tadou, en faisant escale a Québec ! Jusque là tout va bien…
Les avions se posent à l’heure, je récupère tout le monde. Arrêt au bar de l’aéroport, présentations, avance de dollars québécois pour ceux qui n’avaient pas prévu. Ambiance bon enfant, même s’ils sont claqués du voyage. Jusque là tout va toujours bien…
15 h, au moment de prendre possession de la voiture, dans le parking de l’aéroport, un gros orage éclate. Plus d’électricité. Le personnel remplit les papiers dans le noir à la torche ou au briquet. Michel prend le volant pour sortir de Montréal. C’est une île et il y a juste deux ponts pour en sortir. Bon on a été retardé, mais dans 3 h nous serons à Québec…
Une heure plus tard, nous avons fait 6 kilomètres environ. La file des voitures est quasi immobile. Radio : « La tempête violente a fait des dégâts, sur le pont Champlain 7 camions ont été renversés par le VENT ! Le pont est fermé à toute circulation. » Demi-tour, on change de pont, on va prendre Jacques Cartier… Oui, mais nous ne sommes pas les seuls ! 3/4 d’heure après, toujours bloqués dans un tunnel… Les conducteurs descendent de voiture, se parlent ; les passagers des bus bondés, dégoulinants de transpiration, s’éventent comme ils peuvent. Nous compatissons dans notre clim… C’est déjà ça. Les Français exténués commencent à s’endormir.
A la sortie du tunnel, Michel change de route. On va longer le fleuve et trouver un autre pont a la ville suivante. Arrêt petite bouffe sur les quais avant que nos Frenchies ne tournent de l‘œil (forcément la bouffe sur Air Transat ne les a pas vraiment sustentés…) La température est étouffante, nous sommes tous HS. Il nous aura fallu pas loin de 3 h pour quitter la ville et faire 15 bornes !
Radio encore : « La moitié de la ville n’a pas de courant, les arbres sont tombés, on n’avait pas vu ça depuis longtemps, soyez prudents. Tout le Québec est dans le même cas… » Cool, ça promet. Trois heures de route plus tard, on arrive a Québec à la nuit. Nos Français dorment. Chance, leur hôtel a du courant. Enregistrement des chambres, on les laisse pour filer chez les parents de Michel pour un bon repas et une soirée cool. Sauf qu’ils n’ont pas de courant ! Pas de bouffe, pas d’eau chaude, pas d’Internet… Des bougies et de l’eau froide…
Au matin, pas mieux, rien n’est réparé. Hydro Québec (l’équivalent d’EDF) a travaillé toute la nuit, mais rien ne fonctionne sur la rue Brûlart… On va prendre du thé chaud au Starbuck du coin, en prenant conscience de notre dépendance à l’électricité de nous jours !!!
11 h on récupère nos passagers, y’en aura pour 4 h de route, on devrait donc arriver tôt à Tadoussac pour se doucher et se reposer un peu avant le premier concert… sauf que Stéphane, de TV5, vient de prendre conscience que le courant du Canada est en 110 W et non en 220… et qu’il n’a aucun chargeur adapté pour recharger les batteries de ses caméras et projecteurs ! Et c’est pas ma petite prise d’adaptateur qui pourra le sauver, car elle ne transforme pas le courant… Et nous voilà donc partis « A la recherche du transfo perdu » dans la ville ! Personne ne sait où trouver ça. Je vois une voiture de Radio Canada. Je fonce, je les arrête pour demander de l’aide, ils ont bien dû rencontrer ce genre de galère dans leur vie... Oui, ouf ! Ils nous indiquent un entrepôt à la sortie de la ville. Direction opposée à Tadou, of course. On finit par trouver dans une zone industrielle pa-tibulaire… mais presque ! Miracle quand Stéphane montre ses appareils, on lui trouve tout ce qu’il lui fallait. Achat. Départ ! Mais, dans la voiture, il se rend compte que s’il a bien embarqué ses achats, il leur a laissé sa batterie sur le comptoir !!! Come back. Merci Mr Lagaffe !
Baptême pour baptême, ça mérite bien une « poutine » avant de partir ! Sur le trajet Québec / Tadoussac bien sûr quelques ralentissements pour travaux nos attendaient, sinon ça nous aurait fait bizarre ! Bref on arrive au bout du monde, après le traversier, sous une pluie battante, mais contents, bien que fourbus ! Coup de bol, je capte wifi dans ma chambre… la chance commence à tourner ! 196 mails attendent mes réponses. Sorry pas le temps, les festivités commencent, on verra demain !
Photo Michel Pinault
Posté le 22.05.2008 par lequabel
Un peu mort de trouille avec mes questions et mon anglais laborieux, je rencontre Sparks pour une petite demi-heure d'entrevue. Je ne pipe que quelques bribes des réponses, mais je fais comme si… Toujours une grande classe, une intelligence pétillante, une vision des choses pertinente et une douceur qui m'avait frappé lors de notre première rencontre à Paris il y a deux ans. Le bonheur.
Après la soirée "Propaganda", cette nuit, c'est "Indiscret", peut-être mon album préféré. Cuivres et violons sont sur scène pour quelques morceaux. Tout est parfait, comme si le temps n'était pas passé depuis 1975. Comment fait donc Russel pour chanter encore si haut sans problème ? Et comment ces jeunes musiciens ont-ils fait pour apprendre 21 albums si compliqués pour ne les jouer qu'une seule fois ? Ce groupe est barjo !!!
Dans le public (plutôt jeune d'ailleurs, étonnant) l'osmose est palpable. On ne se connaît pas, mais on chante tous ensemble, on connaît les ponts musicaux, l'ordre des morceaux, les reprises, le titre qui vient… Ce soir encore nous sommes de la même famille. On se sourit, complices, frères et sœurs sans mot dire. Je rentre à l'hôtel avec des Sparks dans les yeux !
Posté le 22.05.2008 par lequabel
Bus pour Trafalgar Square. Car Londres, pour moi, c'est la ville où se cache "Mon Ange" à moi. Celui peint par Léonard de Vinci dans son tableau "La Vierge au rocher". Pas le tableau que l'on peut voir au Louvre (car il y a deux versions du même sujet), non celui de la National Galery, nettement plus beau à mon sens. C'est dans cette peinture que se trouve donc l'Ange pour lequel j'ai eu un véritable coup de foudre le jour où je l'ai vu. Je le trouve parfait de beauté, de pureté, il m'émeut, me touche, me parle. Au point de l'avoir baptisé du nom de mon propre ange gardien (Lécabel), d'en avoir fait le logo de ma société, et de me l'être tatoué sur le bras… Donc, première destination londonienne : le voir enfin en vrai au musée !
Et là, en arrivant à Trafalgar, le choc ! L'effigie géante qui orne la place pour signaler la Galery, n'est autre que lui, MON ange ! Pas loin de dix mètres de haut me regardant de son air doux. Impressionnant. L'émotion me submerge, moi, petite fourmi perdue dans cette place immense. Décidément, c'est le voyage des anges ce séjour !
Première galerie à gauche en rentrant au musée, "La Vierge au Rocher" est là. Majestueuse, sereine, lumineuse. Je reste planté devant pour m'en imprégner, pour m'immerger dans la toile. Sur la droite, mon ange regarde le Christ enfant. Au premier plan Saint Jean-Baptiste est un peu trop potelé et pas franchement réussi. Je lis la plaque explicative. Cette version du tableau est controversée, Vinci n'aurait pas peint l'ensemble, ses élèves auraient fait la plus grande partie. Lui se serait contenté de peindre seulement… l'ange !!!
Posté le 22.05.2008 par lequabel
Londres, c'est la première fois que j'y mets les pieds. Et ça me plait bien. Je comprends finalement assez facilement la langue (enfin les rudiments), les gens me paraissent vraiment gentils, j'arrive à me diriger dans le métro (j'ai pris un passe pour la semaine), tout baigne. Je mange mes soupes chinoises à l'hôtel. En fait, j'avais pas besoin de porter de chauffe-thé, y'a une bouilloire et du thé en sachet a volonté dans ma chambre !
Premier soir, les Sparks passent à Carling Academy. Et là, quartier Islington, je le crois pas, la station de métro s appelle... ANGEL Station ! Et il y a de magnifiques ailes géantes très modernes pour m'accueillir devant l'entrée ! Genre l'Araignée de Louise Bourgeois. Splendide ! Ca présage du bon.
La salle doit contenir depuis 19 h plus de 800 spectateurs entassés près du stage où la première partie exaspère un peu. La tension monte. 21 h les voilà. J'ai choisi de démarrer avec l'album qui m'a fait découvrir les frères Mael : "Kimono my house". Comme je connais chaque note par cœur, et qu'apparemment je ne suis pas le seul, nous formons, avec le public, un immense chœur enthousiaste. Ca tourne vit au délire ! Tout le monde est heureux, et le groupe est impeccables ; la voix nickel, les musiciens rock béton. Je saute partout ! Je suis sur un nuage !!!
Posté le 22.05.2008 par lequabel
Ca commence par un grain de folie.
Comme bien souvent !
C'est mon ami Benji qui me dit il y a deux mois : "Sais tu que ton groupe adoré les SPARKS passent 21 jours à Londres ? Ils ont fait 21 albums, ils font 21 nuits : un album par soir !" Sûr qu'il faut être barré pour faire un truc pareil… Et sûr qu'il fallait pas me le dire deux fois. A barré, barré et demie !
Agenda. Savoir combien de jours je peux m'accorder in London. Ca sera 8. Trouver un voyage-hôtel pas cher. Me faire accréditer pour les concerts. Demander les plans londoniens aux copains. Faire la valise. Ne pas oublier des soupes chinoises déshydratées et le chauffe-thé car on me prédit une ville hors de prix. Et attendre fébrilement…
Ce groupe, en fait, est basé sur un duo. Les frères Mael. Ron, le binoclard qui tire toujours la gueule derrière ses synthés, et Russel, le dandy beau gosse, chanteur à la voix haut perchée comme personne. Aucun style ne leur résiste. Glam, pop, disco, rock, dance… Deux tubes surtout, la chanson-mitraillette "This town ain't big enough for both of us" et le sautillant "When I'm with you". Mais ça serait une erreur de les cantonner à ça. Ces deux-là s'approchent de la perfection musicale. Un seul de leur morceau pourrait se décomposer en trois titres chez le commun des rockers tellement les idées et les breack fusent dans leurs compositions. Et pas un album qui ressemble à l'autre. Bref un ovni musical inclassable frôlant le génie.
www.allsparks.com
Posté le 12.05.2008 par lequabel
Bouleversant. Ce film remue les tripes. Interroge sur le sens de la vie. Surtout sur ce que l'on en fait. Dupontel est formidable, comme à l'accoutumée. Exceptionnel, hors normes et si banal à la fois. Nous sommes émus, tenus en haleine. Après l'explication finale, on peut tout ré-interprèter. Comprendre. Accepter. Même les excès (et il y en a) trouvent leur sens. C'est une version possible d'un chemin que l'on pourrait soi-même emprunter si jamais…
Posté le 09.05.2008 par lequabel
Un "trio-à-corde" somptueux, une percussionniste endiablée, un DJ-scratcheur omniprésent, plus un chanteur épatant, sobre, mais qui fait tout de même un saut périlleux arrière à la débottée, et un écran de cinéma posé sur scène pour quelques moments d'ombres chinoises… tels sont les ingrédients d'un spectacle magnifique, qui reste en mémoire. L'un de ceux qui marquera 2008.
Musicalement, c 'est un univers totalement unique où s'enchevêtrent savamment un phrasé hip hop et des mélopées tantôt algériennes, tantôt africaines, tantôt chanson française. Textuellement, tout est là : les mots précis et incisifs, les idées fortes, les revendications sous-jacentes qui mènent à la réflexion, la remise en question, la vie de tous les jours et les grands idéaux, le recul et l'humour.
Le chant-phrasé en français est limpide, fort, le beat peut même se faire ragga ou caresse. Se crée alors une osmose avec le public, comme rarement vue ; et ce, sans démagogie aucune. Une énergie positive transporte tout le monde dans une joyeuse transe : "Danser, chanter jusqu'à plus d'heure, pour aller faire tomber des murs" ! Oui, je suis fier et content que Longueur d' Ondes ait osé Kwal en couverture ! C'est définitivement un grand groupe !
(Photo Caroline Dall'O)
Ecouter : http://profile.myspace.com/index.cfm?fuseaction=user.viewprofile&friendID=120319432
Film-entrevue avec extraits du live sur le site : http://www.kwal.fr/
Posté le 05.05.2008 par lequabel
Du plus loin que ma vie se souvient, tu étais là.
Et ce surnom, au départ un peu ridicule, avait fini par t'habiller comme un gant.
Tout le quartier l'avait adopté.
Enfant, je te revois veiller sur moi quand mes parents me laissaient à ta boutique "Fioul et charbon" ! Les pièces de 5 Francs pour m'acheter des bombecs. Ton sourire bienveillant. Ton bonheur resplendissant avec l'homme qui embellissait ta vie. Pierre. Votre amour simple et si fort, comme un phare, un repaire, dans ce monde qui coule.
Ado, je te revois m'écouter. Me laisser parler. Près de toi, tout était simple, limpide. Ton érudition forçait le respect. Tu survolais la bêtise humaine que tu côtoyais pourtant quotidiennement. Comment résistais-tu ?
Adulte je te revois me secourir dans les conflits que j'affrontais avec ma mère. Et m'essuyer les larmes à la disparition de mon père. Je t'entends me parler de lui avec respect et admiration. M'apprendre qui il était.
Je revois aussi ta détresse quand Pierre est parti. Ton anéantissement. Ton envie d'aller le rejoindre. Vite. Ta lassitude de la vie. Mais ta foi ! Etonnante, ébouriffante, intelligente. Et toujours ce sourire. Un peu triste, mais toujours prêt à donner, à aimer sans condition.
Puis je revois ta descente à petits pas vers cette maladie qui ronge les souvenirs. Mon refus d'y croire. Ma présence quotidienne, jusqu'au jour du départ vers la maison de retraite médicalisée.
Je suis venu quelques fois, mais je ne me sentais plus inutile. Jusqu'au jour où voir l'irrémédiable s'installer en toi, m'a fait trop mal. Alors, lâche que je suis, pour ne pas souffrir, j'ai préféré ne plus venir, te sachant veillée et en paix.
Jean-Pierre, mon frère, lui, n'a jamais faibli. Il t'est resté fidèle. Et même si tu ne le reconnaissais plus vraiment, tu lui souriais, tu lui prenais la main, car ton âme, elle, le reconnaissait. Et me reconnaissait à travers lui. Et ce soir, à 7 heures, ton chiffre favori, il était encore là, à te tenir la main, pour ton dernier souffle.
Ma Pépette, je souhaite que les Anges te redonnent la mémoire. Qu'enfin tu retrouves ton Pierre qui t'attendait sur le perron. Que vos âmes jumelles s'enlacent pour l'éternité. Et je t'en prie, va faire la bise à papa pour moi. Dis lui qu'il me manque. Comme tu me manques déjà.
Serge 2 mai 2008
Posté le 01.05.2008 par lequabel

"Nature, animal, homme, nous faisons partie d'une même chaîne." C'est Yann Arthus-Bertrand qui m'affirme ça les yeux dans les yeux dans sa série d'émissions "Vu du ciel". Et il me le prouve par l'exemple filmé, par des chiffres clairs, par des massacres hallucinants qui défilent sous mes yeux embués. Et à chaque fois, l'unique responsable, c'est l'homme. Et même si l'espoir est toujours mis en évidence par Yann, si certaines rencontres avec de géniaux idéalistes qui veulent changer les mentalités (et le monde) font plaisir à voir, le sentiment général que me donnent ces émissions, c'est la honte. Honte de la barbarie humaine, de notre cruauté, de notre égoïsme, honte de nos choix planétaires qui nous font foncer dans le mur, honte de notre indifférence généralisée. Ca me fout la nausée. J'ai aussi bien sûr honte de certains de mes choix quotidiens qui me font participer à cette destruction mondiale, honte de me laisser abuser par les placebos que l'on me refourgue pour endormir ma conscience, honte de ne pas agir plus que je ne le fais, de ne pas assez me rebeller… J'ai mal à l'homme. Et je me dis que c'est vraiment la pire espèce qui soit sur cette planète, et qui finalement notre disparition sera un bienfait.