Publié le 17/03/2008 à 12:00 par lequabel
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Publié le 17/03/2008 à 12:00 par lequabel
Publié le 17/03/2008 à 12:00 par lequabel
En attendant les Acadiens, le repas est prêt !
Publié le 17/03/2008 à 12:00 par lequabel
Sur le désormais mythique fauteuil à bascule...
Publié le 17/03/2008 à 12:00 par lequabel
Repas autour d'Angèle et des Acadiens !
Publié le 08/12/2007 à 12:00 par lequabel
"Marcia", "Andy", "Sacha", "Marc et Robert", "Harpie et Harpo" sont orphelins.
Ils se remémorent la "Cool frénésie" des "Nuits d’ivresse" du temps de
"La belle vie" où "Les Amants", "Les guerriers", les "Communiqueurs d’amour"
les empêchaient de "Forget the nite"… Et "Même" s’ils étaient "parfaits l’un
pour l’autre", "L’amie ennemie" vient de faire son oeuvre : "c’est le cancer que
tu as pris sous ton bras", Fred. Te voilà parti pour "Ailleurs" par le "Le petit train,
le train de la mort". Et en ce "Soir de peine", franchement "on n’a pas que
d’l’amour, ca non, y’a d’la haine" ! On n’arrive pas à se dire "C’est comme ça",
on pense juste "Tu me manques", et c’est le "No comprendo" total !
Photo de Robert GIL
www.photosconcerts.com
Publié le 02/10/2007 à 12:00 par lequabel
Andrée était une architecte âgée et veuve. Elle vivait seule dans sa belle maison. Sa vie se déroulait entre écriture, livres et conférences. Elle avait bâti autour d'elle un mur de distance qui laissait aux autres peu de place pour s'infiltrer et venir lui tendre la main. Elle est morte d'une rupture d'anévrisme. Belle mort fulgurante. N'empêche… elle est restée sur le sol de son salon une semaine avant que l'on découvre son corps.
Anne était une artiste proche de la quarantaine, célibataire. Ecorchée vive, rebelle, insaisissable, elle peignait, écrivait ou créait sur son ordi au son de Mano Solo ou Noir Désir. Elle adorait la fête et les gens aussi, elle sortait pas mal dans des clubs rock pour écouter de la musique et connaissait le tout Bordeaux. N'empêche… personne ne s'est inquiété d'elle pendant quinze jours, avant qu'on la retrouve chez elle, suicidée.
Christophe était un éducateur autour de la cinquantaine, marié et papa comblé. Beaucoup de monde dans sa famille recomposée ; il était jeune grand-père par procuration. Toujours souriant et prêt à aider son prochain, c'était un être réconfortant et très entouré. N'empêche… à cause d'un problème au boulot, un soir en catimini, il s'est pendu !
Andrée, Anne, Christophe, trois néo-solitudes. Trois désespoirs de vies. Nous avons tous des problèmes à résoudre ; nous sommes tous égocentriques ; et plus ou moins mal dans nos peaux. N'empêche… nous faisons tous partie de la même fourmilière. Aussi, avant de pleurer et de regretter, jouissons de la vie, de nos parents, de nos amis autant que nous le pouvons. Soutenons-nous, pardonnons-nous, parlons-nous, écoutons-nous, aidons-nous, et prouvons-nous notre amour. Sans attendre ! Car n’empêche… il est déjà si tard !
Publié le 28/09/2007 à 12:00 par lequabel
L'une des dernières grandes maisons de disques (une "major" comme on dit) fait une fête ce soir. L'invitation est très sélective… et alléchante puisque la petite sauterie se déroule au mythique restaurant "Chez Maxim's" !
Quand j'arrive, tout fier d'être invité, on fait déjà la queue pour rentrer. Tout le beau monde branché de la musique est là, sur son 31. On repère de suite les stagiaires qui n'ont pas eu le temps de se changer ; l'air harassé par les tâches multiples et les heures à rallonge, le jean fatigué et l'air de ne pas comprendre où ils sont. Déjà on échange des accolades ou des regards en coin : "Je le connais lui, mais c'est qui ?"
A l'intérieur, je savoure les lieux et m'imprègne de l'histoire qu'ils véhiculent. Beaucoup de bois peint, une ambiance Belle Epoque, des miroirs rococo partout, des décors kitch (fleurs de lys à boules, statuettes-lampadaires, lustres en forme de parapluie retourné…), le tout entre ocre, marron et or. L'un des plafonds est une verrerie peinte, elle surplombe les banquettes rouges. On a dégagé pas mal de tables ce soir pour improviser une scène pour les "stars qui montent" qui doivent interpréter leurs "single du moment" !
Dans ce décor où le luxe dégueule d'un peu partout, la parade commence. Les jeunes donzelles sexy font des mines ou des sourires à tout va. De beaux jeunes hommes arborent une coiffure barbe à papa, alors que d'autres lissent savamment leur mèche tombant régulièrement sur leurs lunettes. Les serveurs en queue de pie s'affairent, plateaux d'amuse-gueule en main, alors que les barmen remplissent sans s'arrêter des flûtes de Champagne, étiquette Maxim's (qu'on leur livre des cuisines par douze et déjà ouverts pour aller plus vite) qui disparaissent du comptoir, englouties par la foule huppée qui s'agglutine vers le bar magique, comme une fourmilière qui a trouvé un morceau de viande à dépecer.
La musique martèle. Les gens circulent dans les trois salles. Madame la chef promo du label a la cinquantaine, mais s'est payé le kit complet de collagène pour faire plus jeune. Elle investit dans ses lèvres. Du coup, sa bouche de canard fait des sourires de parade, histoire de propager la bonne nouvelle. Celui-ci, la trentaine, planque son Sida sous un léger maquillage et un parfum Gaulthier, mais son regard pue la peur qu'il planque au fond de son âme. Cet autre, 25 balais, se la joue playboy : assez survolté, il souffle dans son portable dernier cri qu'il est overbooké et qu'il n'entend rien de toute façon. Sur la tête, ses lunettes de soleil rouge et jaune sont en exposition permanente. Faut dire qu'il fait si sombre ici et que, de toute façon, il pleut dehors depuis trois heures au moins, qu'elles semblent en effet totalement indispensables !
Miss "chef de produit" (tout un aveu, quand on parle en fait de "directeur d'artiste"), est fière de pavaner sa blondeur paille toute neuve ; monsieur l'ex-batteur de la Mano Negra parade, Champagne en main, alors que le DJ passe un vieux Blondie dans l'indifférence générale. Deux jeunes starlettes de la variété-de-consommation vérifient du coin de l'œil qu'on les voit bien. Leurs regards acides déchirent le chanteur de Luke qui dépasse tout le monde d'une tête et Laam (ex-gloire variét' reconvertie au R&B de rigueur), car ils sont plus connus qu'elles !
Toasts au foie gras, beignets de crevettes, moules farcies… Quelques morfales se gavent ouvertement au milieu des volutes de fumée qui s'épaississent de minute en minute, venant rougir nos yeux irrités et inonder nos poumons de nicotine. Vivement 2008, la prohibition !
Sur la mini-scène pompeuse "la sensation du moment" (une actrice qui chante… mal !) minaude en se tortillant, reproduisant à peu de choses près ce que fit Elli Medeiros dans les eigthies. Tout n'est qu'éternel recommencement ! "Remember to forget me and dont forget to remember this." Je n'y manquerais pas !
Les petits fours chauds défilent par plateaux. Bons, bien sûr. Le vin rouge est millésimé. Il coule à flot. Le ton monte. Les esprits commencent à s'embrumer. Un jeune hip hop man à casquette vissée sur la tête par dessus son foulard racaille, dialogue bruyamment avec un trentenaire cravaté qui sourit. Business ou histoire de cul ?
Un ancien gagnant de la "Nouvelle Star" à queue de cheval regarde tout le monde de haut. L'ex-stagiaire de la maison de disques devenu "chef de com" baille discrètement, le regard dans le vague, il se dit que, depuis le temps qu'il se tape des soirées de la sorte, il a passé l'âge de ce genre de branchitude à répétition.
Bien clinquants, les bijoux de la belle brune qui a soigné son décolleté pour mieux attraper dans ses filets le papi baveux qui s'intéresse de très prés à sa "future carrière" ! Madame et sa copine se font la gueule. Ca va barder en rentrant tout à l'heure ! Un joli couple hétéro se roule patins sur patins avec délice.
Des pâtisseries impecs accompagnent les îles flottantes qui se mangent dans des cuillères… en chocolat ! Tiens, revoilà le playboy à lunettes cigarette au bec. Ses yeux sont nettement plus rouges et sa chemise débraillée. Verre à la main, il regarde toujours à travers les gens, sans les voir, comme s'il cherchait quelqu'un… ou un autre verre !
Un rasta binoclard mâchant un chewing gum a l'air de tomber d'une autre planète ; un quinquagénaire pique du nez sur sa chaise alors que le possee black hip hop, issu du Secteur A, tente de faire lever les bras en l'air à un public un peu ensuqué. Dans le hall, un vieux beau s'écoute parler devant une minette en mini-jupe qui s'en tamponne totalement. Philippe Lavil fait une apparition sur le tard. Ca se congratule dans tous les coins, les bises claquent.
Et moi, sourire ironique en coin, qui prend des notes dans la pénombre, avec ma mèche violette et mes pompes en damier, je ne vaux certainement pas plus cher que mes congénères que je dissèque. Mais au moins, je ne me prends pas vraiment au sérieux !
Publié le 09/08/2007 à 12:00 par lequabel
Dimanche 5 août, Montréal, rue Sainte-Catherine.
D'abord, marcher pour marcher. De long en large. Humer l'atmosphère. Sentir les vibrations de ce lieu mythique. Se dire que c'est irrémédiable ; que l'on ne rentrera plus jamais ici. C'est en effet ce soir que meurt la salle de spectacle "Le Spectrum". L'endroit va être détruit sous peu. A sa place ? Un building et un magasin américain d'électronique. Super, c'est beau le progrès !
Arpenter encore le couloir qui mène à la salle. S'asseoir sur l'un des tabourets hauts. Monter les marches pour admirer une dernière fois du balcon les posters que l'on a si souvent vu sans les regarder (Jean Leloup, Sting, Laurie Anderson, Renaud, Marjo, Ben Harper, Paolo Conté…). Ils faisaient partie des meubles, mais ce soir, les meubles, on les brûle !
Entrer dans la salle. Revoir une dernière fois Laurent Saulnier des Francofolies à sa place habituelle : appuyé sur le mur du fond droit de la salle, près de la fontaine d'eau. Sourire triste. Rien à dire. S'approcher des internationalement connues petites lumières jaunes qui ornent encore les murs latéraux ce soir.
Sur l'écran de la scène défilent une vidéo rétrospective ("Poussière d'étoiles") des artistes venus offrir leurs âmes et leur tripes au public depuis quasiment 25 ans : Katherine, Camille, Jean-Pierre Ferland, les Wampas, les sœurs MacGarrigle, Paul Piché, Daniel Bélanger, Higelin, Police, Claude Dubois, Plume Latraverse, Céline Dion déguisée en Madonna, Stephan Eicher, Pagliaro, Marianne Faithfull et tant d'autres. Voir défiler dans sa tête les shows que l'on a pu voir dans ce lieu… essayer de s'en rappeler du moins ! Croiser dans la salle des artistes, des amis, des gens du milieu musical, des journalistes ou des visages inconnus venus tout simplement à cet enterrement. Tous ont une gravité intérieure en dénominateur commun. Comme un bout de soi qui disparaît, comme un morceau d'enfance qu'on fout à la poubelle.
Les rideaux sont tombés derrière la scène, le mur de brique apparaît. Michel Rivard se présente seul. Il commence par faire un sketche assez drôle (un Polonais parlant mal le français) avant de mettre en bocal "l'âme du Spectrum". Poétique et émouvant. Ensuite il entame le dernier titre live qui raisonnera dans la salle : "Shefferville". Un titre où il est question de la fermeture d'une ville minière dans le nord du Québec.
"La nuit tombe sur la ville Qui m'a donné le jour En novembre passé Ils ont fermé la mine J'ai vu pleurer mon père Sur la table de la cuisine C'était pas tant de perdre Une job assurée Que de voir s'évanouir le rêve De trente année. Aujourd'hui ça m'fait mal De voir tout le monde partir C'est icitte que j'suis né C'est là que j'veux mourir C'est pas moi qui peut changer le cours de la vie, si y a personne qui reste, j'vais partir moi aussi. Mais c'est moi qui veut fermer Les lumières de la ville…"
Au moment où il chante cette dernière phrase, il arrête net la chanson, et appuie sur un transformateur électrique qui était à côté de lui et, à ce moment précis, les petites lumières jaunes s'éteignent dans un silence de mort, puis les rideaux noirs qui les soutenaient tombent lentement. Murmures et cris dans le public. Les yeux des plus solides s'embrument. Et même si Ghislain Poirier prend le relais pour le "party" final, la salle se vide assez rapidement. La messe est dite.