Publié le 07/07/2007 à 12:00 par lequabel
Daniel Boucher est l'auteur de ce magnifique texte :
Deviens-tu c'que t'as voulu ?
Deviens-tu c'que t'avais vu ?
Deviens-tu c'que t'aurais pu ?
T'as-tu fait c'qu'y aurait fallu ?
Mais qu'est-ce qu'es-tu, mais qu'est-ce que t'es ?
Ma moman pensait, mon popa aussi
Que pour être aimable et aimé d'autrui
Pour aimer c'qu'on fait, pour aimer sa vie
Faut faire c'qu'on aime, c'qu'on a envie
Pis l'faire à fond, pis y mettre le prix
Pis être dur parce que c'pour ça qu'tu vis
Pis quand t'aimes pour vrai, quand t'aimes la vie
Dis qu'est-ce tu penses, pis pense donc qu'est-ce tu dis, t'sé...
C'est là qu'on s'rend compte si t'es t'un "front"
Ou ben donc si t'es t'un roadie
Deviens-tu c'que t'as voulu ?
Deviens-tu c'que t'avais vu ?
Deviens-tu c'que t'aurais pu ?
T'as-tu fait c'qu'y aurait fallu ?
Ma moman l'pensait, mon popa me l'a dit
C'qu'y a d'plus dur c'est d'être simple dans vie
T'auras beau dire non, t'auras beau dire oui
Y a du monde qui aime pas ça que t'aimes ta vie
Y a du monde qui va peut-être te traiter d'pourri
Parce que tu passes, parce que tu choisis
Tu peux rien faire si y ont pas compris
Que t'les aimes pareil même si t'es parti, t'sé?
Ça va t'arriver d'pas dormir
Ça va t'arriver d'avoir le goût d'haïr
Ça va même t'arriver de douter
De douter d'toé
Deviens-tu c'que t'as voulu ?
Deviens-tu c'que t'avais vu ?
Deviens-tu c'que t'aurais pu ?
T'as-tu fait c'qu'y aurait fallu ?
Qu'est-ce qu'es-tu, mais qu'est-ce que t'es ?
Mais qu'est-ce qu'es-tu, mais qu'est-ce que t'es ?
T'es-tu un "front", ou ben donc si t'es t'un roadie?
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Publié le 07/07/2007 à 12:00 par lequabel
Le soir tombe sur la ville...
Publié le 07/07/2007 à 12:00 par lequabel
Publié le 07/07/2007 à 12:00 par lequabel
Visite du Parc Stanley
La Vancouver Trolley Compagny me conduit à travers la ville pour quelques heures de découverte… Le chauffeur débite sa litanie de présentation, mais je n'y comprends rien du tout. Outre mon piètre anglais, le bonhomme rond à moustache semble avoir une patate dans la bouche, ce qui accentue mon incompréhension ! Etrange d'être conduit par une sorte d'extra-terrestre qui tente de se faire comprendre (il me lance les deux mots de français qu'il connaît, fier de lui), sauf que là, l'extra-terrestre, c'est moi !
Dans la ville qui défile, depuis mon aquarium à roue, je vois passer des boutiques qui se rêvent européennes : "Entre nous", "Club Monaco", "Café S'il Vous Plaît", "Rendez-vous Galery", "Bizou Café" ou encore "Villa beau Interiors" et "Joyeaux Café"… oui, les accords, c'est pas encore ça ! De temps en temps (de plus en plus fréquemment d'ailleurs), le moustachu agite une clochette soit pour appeler les touristes, soit pour saluer ses copains qui passent (et il en a des copains !). Il doit aussi faire de grosses blagues, car il ponctue souvent ses phrases d'un gros rire, essayant d'entraîner les baladés dans son humour… Conciliants, mais pas plus !
Quelle horreur : sur le trottoir de la Beatty St., deux tanks ! Un musée de la guerre sûrement… Ils verront pas ma face ! Plus loin, c'est un Chinatown immense. Boutiques et rues sont toutes écrites en Chinois. Cependant, depuis que je suis arrivé, j'avais déjà l'impression que tout Vancouver n'était qu'un grans Chinatown, tellement il y en a partout ! L'explication remonte à la fin des années 90 quand Hong Kong est passé à la Chine. Alors les plus riches se sont évadés avec leur pactol en liquide et sont venus acheter des maisons cash. On en a même vu un acheter 25 maisons d'un coup ! Ce fut le boom des prix en ville et celui des constructions maximales aussi. Buildings cage à lapin…
Juste après Chinatown, le quartier le plus glauque de l'Est : prostituées, dealers et accros vivent dans les rues. Ils zonent en surnombre sur les trottoirs, l'air vraiment patibulaire. La police à cheval circule, mais ça transpire la dope et la violence malsaine…
Passé le quartier, le maniaque de la clochette reprend de plus belle. Je regrette de n'avoir pas porté mes boules Quiés !
De l'air, voici le Parc Stanley, énorme forêt au bout de la ville, de l'île, juste à côté du downtown. Un havre de verdure bercé d'air marin, juste à côté des buildings ! La route suit en partie le bord de l'eau. Pistes cyclables et pédestres sont aménagées. C'est évidemment un nid à touristes qui voit passer 8 millions de visiteurs (plus moi) par an…
En décembre dernier, une violente tempête s'est abattue sur Vancouver et plus de 10 000 arbres sont tombés dans ce parc ! Des sapins Douglas, des séquoias… On prévoit deux ans de travaux pour réparer les dégâts. C'est un désolant spectacle qui me rappelle la tempête de l'hiver 2000 en France !
Après avoir photographié tout un ensemble de totems, qui jaillissent au beau milieu de nulle part, je rentre la tête pleine d'images, d'histoires… et de clochette qui carillonnent !!!
Publié le 07/07/2007 à 12:00 par lequabel
Et je chante (toujours) dans le port de Vancouver...
Publié le 07/07/2007 à 12:00 par lequabel
Publié le 07/07/2007 à 12:00 par lequabel
Publié le 07/07/2007 à 12:00 par lequabel
Maison de grand standing...
Publié le 07/07/2007 à 12:00 par lequabel
Plage, ville et montagne...
Publié le 07/07/2007 à 12:00 par lequabel
Première impression, c'est très grand et très vert Vancouver ! La ville est hyper étendue, les rues sont interminables ; elle est entourée de montagnes enneigées style Pyrénées d'un côté (Les Rocheuses) et plages de sable fin ou de gravillons de l'autre… Un sacré contraste ! Partout dans le centre, des parcs, des forêts, des arbres, des plantations, des fleurs… bref une végétation omniprésente qui rend le citadin plus humain, lui rappelant sans cesse son lien avec la terre. Le style des maisons est plus californien (tourné vers la chaleur, ouvertures maximales, matériau léger) que québécois (doubles fenêtres, on se protège du froid), et pas mal de quartiers sont cossus, voire m'as-tu-vu, la-mienne-est-plus-grosse ! Le must c'est le style cottage anglais, mais on trouve aussi pas mal d'inspiration orientale, vu que les Chinois sont légion à Vancouver.
Protégé par les montagnes, la ville est gratifiée d'un micro-climat qui lui donne des hivers sans neige (ou presque) et lui épargne les grosses chaleurs. Agréable en toutes saisons, elle attire différentes ethnies qui se brassent sous l'égide de l'anglophonie, car ici les Francos sont minoritaires ! Pour toute la province seulement 65 000 francophones et 265 000 francophiles.
Mardi 14 juin, 5 h, peux pas dormir. Décalage. 9 h avec la France. Le jour se lève, brumeux, sur les buildings qui s'éteignent. Le clochard à chien à l'angle de la Oak Street boit un café, sans doute froid puisque tout est fermé, accoudé à la Mail Post grise, en regardant défiler les premières voitures, les livreurs en camion, les taxis et les bus-tramways. Les maisons sans volets dorment encore, les arrosages automatiques ont été déclanchés pour un gazon impeccable, une joggueuse remonte la rue, un homme d'affaire tout encostumé part au boulot, attaché case sous le bras, quelques drapeaux canadiens flottent aux fenêtres (hé oui, le patriotisme est partout !).
Sur la Sixième Avenue de jeunes magnolias embaument mes narines. Un Business Centre s'appelle IN-spiration ; il cherche des locataires pour son tout nouveau "new look". Sur Island Park Walk, prés de l'eau, les matinaux font du vélo, promènent leurs chiens ou font du footing au son des mouettes qui se marrent et des corbeaux qui croassent… C'est ça le Nouveau-Brunswick qui se lève tôt !
6 heures, une pirogue passe avec deux rameurs, les premiers rayons du soleil caressent les bateaux qui s'agitent doucement. Mais tout est sous contrôle à la Spruce Harbour Marina puisque c'est bien spécifié : No bicycling, rollerblading, skateboarding ! Et respiring, je peux SVP ?
Devant six canards étonnés, je fais de la balançoire dans le parc d'enfant désert. Des bouffées d'enfance remontent à la surface : le portique de la Taoulette flambant neuve, les cinq enfants de Marylou qui se moquent du fils unique que je suis, à quelques kilomètres de l'arrivée, chacun crie déjà "Je réserve le trapèze", "Moi les anneaux", "Et moi la balançoire"…
6 h 20 la False Creek School a déjà démarré : sur la pelouse, la prof de gym échauffe une classe d'adolescentes, alors que sur Lameys Mill Road un papi à chapeau et a l'air résigné attend le bus 50, à côté d'un cinquantenaire grisonnant lisant son journal. 6 h 45 la circulation sur Brodway est plus intense, le fruitier a déballé abricots, oranges et pastèques, au Java Express, on peut boire un café allongé et le Eleven, petit super-marché, c'est déjà ouvert. L'abribus est rempli de Chinois encore ensommeillés et patients. Les tentacules de la ville se déploient, l'humanité commence à s'agiter, la journée va démarrer.